Robert Schumann, Liebeslied Op. 51 No. 5 (1850) sur un poème de Johann Wolfgang von Goethe.
Dawn Upshaw, soprano
Richard Goode, piano

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Biographie Vincent Mussat Biographie Jérémy Garbarg

« Liebeslied » Vincent Mussat & Jérémy Garbarg « Je trouve extraordinaire chez ces jeunes talents ce feu sacré. » Philippe Jaroussky « C’était un grand bonheur de vous écouter. » Gaëlle Le Gallic « Liebeslied » "Comme l'amour nous rend plus sensible à tout ce qui est beau, ainsi la musique est bien davantage pour moi qu'elle n'était auparavant." Correspondance de Robert et Clara Schumann Le couple Robert Schumann et Clara Wieck est un symbole du Romantisme. Après de longues années d'un amour qu'ils ne peuvent pas savourer à cause de la carrière de Clara et du combat du père Wieck contre leur relation, ils se marient en 1840. La famille Schumann vit alors plusieurs années de bonheur qui aboutissent à la composition de nombreux chefs-d’œuvre de musique de chambre, d'opéra, de lieder, et également à une réconciliation avec Wieck. Robert est le père attentionné de six enfants. À un contexte politique assez agité à cause de la Révolution de Mars 1848 ayant pour but l'unification des états allemands et plus de libertés politiques, Schumann réagit par la période la plus créatrice de sa vie. "Il me paraît étrange, à moi, combien les horreurs du dehors éveillent en Robert des sentiments poétiques dans ses compositions si totalement opposées en apparence à tout cela. Sur tous ses lieder, passe un souffle de pure sérénité." Journal de Clara, Mars 1848 Le programme que nous vous proposons exploite un genre que Schumann avait ignoré jusqu'alors : les œuvres pour instrument soliste et piano. Il se compose des Fantasiestücke Op. 73 pour clarinette et piano, de l'Adagio Allegro Op. 70 pour cor et piano, Drei Romanzen Op. 94 pour hautbois et piano, Fünf Stücke im Volkston Op. 102 et des transcriptions de lieder de Robert et Clara. Les arrangements pour violoncelle sont tous originaux ou approuvés par Schumann, qui a par ailleurs appris cet instrument parallèlement au piano durant sa jeunesse. Duo Morgen Der Morgen, Caspar David Friedrich Comment vous êtes-vous rencontrés ? Jérémy : Nous travaillons ensemble depuis un an et le contact a tout de suite été extrêmement agréable. En jouant, nous nous surprenons souvent à ressentir les mêmes émotions et à imaginer les mêmes images sans en avoir forcément discuté auparavant. Grâce à cette entente naturelle, les choix d'interprétation se font de façon très évidente. Un de mes buts en tant qu'artiste est de me rapprocher de ce que le compositeur souhaite exprimer. Avec Vincent, nous avons pris du plaisir et du temps à nous imprégner de la personnalité des auteurs par leur correspondance, leurs inspirations, en cherchant les petits détails cachés des œuvres, ... Le fait de construire en nous une sensibilité et un imaginaire communs contribue certainement à nous rapprocher encore plus humainement. Vincent : La rencontre avec Jérémy s'est faite au conservatoire de Paris il y a un an, à l'occasion d'un concert nous réunissant en musique de chambre. Le contact humain et musical a été très naturel, ce qui nous a motivé à jouer plus régulièrement ensemble. Chaque séance de travail avec lui est un vrai échange, une recherche sur l'agogique des phrases, une volonté de percer et retranscrire l'univers du compositeur. Cette complicité m'inspire dans mon travail personnel, et j'espère qu'elle durera le plus longtemps possible ! Pourquoi la musique de Schumann vous touche particulièrement ? Jérémy : Je qualifierais la musique de Schumann de profondément humaine. Sa vie a été extrêmement intense, autant dans la joie libératrice de son mariage et de sa paternité que dans le malheur de la folie et la dépression. Son génie a été de savoir transcrire en musique la puissance de ses émotions. Je ressens une certaine appréhension à jouer la musique de Schumann car il est très difficile de trouver le recul nécessaire à l’interprétation dans une musique aussi passionnée. Mais lorsque l'on réussit à s'abandonner complètement, on vit un voyage émotionnel extraordinaire où l'on apprend également beaucoup sur soi. Vincent : À mon sens, Schumann est un des compositeurs les plus représentatifs du Romantisme. Grand homme de lettre et de culture, il parvient à transmettre par sa musique et ses lettres d'amour à Clara son hypersensibilité au monde qui l'entoure. Il y a une sorte d'ambivalence chez Schumann; sa musique nous transporte à travers des émotions tantôt contemplatives de la nature et langoureuses, tantôt angoissées, tourmentées, héroïques. Il en est de même dans sa vie; tourné vers les autres et les évènements extérieurs de par son activité de critique musical, établissant des correspondances entre les arts lorsqu’il met des poèmes en musique, père attentionné, et capable du plus grand isolement lorsqu'il est rattrapé par son monde intérieur. Cette vie, motivée par l'histoire d'amour passionnel et inconditionnel avec Clara, me touche profondément. Quelles sont vos inspirations ? Jérémy : Je me suis toujours senti proche de Schumann sans vraiment comprendre pourquoi. Pendant la lecture de sa correspondance avec Clara, j'ai été ébloui par la puissance et la richesse de son amour, tel le Werther de Goethe. J'ai alors réalisé à quel point il était important pour notre profondeur d'âme de cultiver cette richesse et cette passion. Pour jouer du Schumann, je recommanderais évidemment de connaître l'intégralité de ses compositions mais aussi la musique de ceux qu'il admirait : Beethoven, Bach, ou encore ses amis Mendelssohn puis Brahms. Je pense également que les arts ne sont pas vraiment dissociables, et avoir accès dans son imaginaire aux chefs-d'œuvre de grands maîtres comme le sont Caspar David Friedrich ou bien Goethe dont Schumann est proche, permet de se plonger tout entier dans le Romantisme. Vincent : Ces dernières années, j'ai eu la chance d'aborder Schumann à travers la musique de chambre pour vents et piano, m'apportant un souci de liberté dans la gestion des phrases et du souffle. Ces collaborations m'ont beaucoup aidé pour le travail avec Jérémy. Les influences qu'ont pu avoir certains compositeurs sur d'autres m'intéressent également. Les lieder, explorés par la plupart des compositeurs de l'époque romantique, me touchent par leur esthétique sonore, leur nostalgie, et leur vocation populaire. Enfin, tous les évènements de la vie, vivre une histoire d'amitié ou d'amour, écouter tous les styles de musique, être à l'écoute de l'autre et de soi, tout peut être source d'inspiration pour jouer de la musique si humaine. Liebeslied, Johann Wolfgang von Goethe Dir zu eröffnen Mein Herz, verlangt mich; Hört ich von deinem, Darnach verlangt mich; Wie blickt so traurig Die Welt mich an. In meinem Sinne Wohnet mein Freund nur Und sonsten keiner Und keine Feindspur. Wie Sonnenaufgang Ward mir ein Vorsatz! Mein Leben will ich Nur zum Geschäfte Von seiner Liebe Von heut an machen. Ich denke seiner, Mir blutet 's Herz. Kraft hab ich keine, Als ihn zu lieben, So recht im stillen. Was soll das werden! Will ihn umarmen Und kann es nicht. Le programme dure un peu plus d’une heure Fantasiestücke Op. 73 : 12’ Adagio Allegro Op. 70 : 9’ Drei Romanzen Op. 94 : 15’ Fünf Stücke im Volkston Op. 102 : 15’ Lieder de Clara et Robert Schumann : 10’ Total : 61’ T’ouvrir Mon cœur je désire; Entendre de tes nouvelles Je désire ensuite; Si tristement Me regarde le monde. Dans mon esprit seulement Habite mon ami Et personne d'autre Et pas de trace de l’ennemi. Comme un lever de soleil Je suis arrivé à une conclusion! Dans ma vie je veux Faire de mon entreprise la plus haute De l’aimer À partir d'aujourd'hui. Je pense à lui, Mon cœur saigne. Je n'ai d’autre force, Que de l'aimer, En silence. Où cela va-t’il nous mener ! Je voudrais l'embrasser Et je ne peux pas.